« Nous avons vécu avec la nature, nous l’avons domestiquée, pour ensuite l’exploiter et voilà qu’aujourd’hui nous l’avons épuisée » 

Impact  Olivier Norek                           

                                                                                                  

Je n’écris pas de chroniques littéraires. Surtout depuis que j’écris des romans, je ne me sens pas de légitimité à critiquer « mes collègues ». Je fais une exception pour mon coup de cœur 2020.

C’est la sixième fois que je lis un roman d’Olivier Norek cette année. (J’en aurais lu plus, mais j’ai écoulé tout le stock !)

Je l’ai découvert cet été, grâce à Aurélie, la super blogueuse de « Des Livres et moi » rencontrée sur le marché de l’auto-édition organisé par Fateah Issaad. Je lis les chroniques littéraires d’Aurélie et ses coups de cœur. Elle est passionnée et passionnante. Intriguée par son goût démesuré (me semblait-il à l’époque) pour la prose d’Olivier Norek, je me suis laissée tenter…

J’ai commencé et dévoré tous ses livres. Des polars bien ancrés dans la réalité, grâce à son expérience d’ancien capitaine à la police judiciaire du 93.

Ses romans sont des uppercuts que l’on ressent jusque dans les tripes, oui, c’est très dur parfois, cette réalité brute de décoffrage, entre misères, meurtres, trafics en tout genre et injustices sociales. Mais grâce à ses personnages charismatiques, touchants, parfois drôles et son style « page turner » imparable, il captive la lectrice que je suis avec ses histoires et il m’est toujours impossible de pouvoir en reposer un avant le mot fin ! Même les remerciements sont dévorés comme la cerise sur un gâteau. J’ai ensuite converti ma mère et ma sœur (deux grandes lectrices) et une amie à la secte Norek, qui ne fait que s’agrandir. 

 « Impact », son dernier roman coup de poing, est une brillante plaidoirie contre les méfaits de la pollution. Il fait d’ailleurs écho à mon incessant questionnement et à mes inquiétudes concernant l’écologie et le devenir de notre lovely planète. 

Dans « Impact », nous suivons le cheminement de Virgil Solal qui, après avoir perdu sa fille, s’organise pour orchestrer le début d’une guerre verte. Seul, ou presque, il va se battre contre les géants qui sont plus préoccupés à enrichir leur compte en banque et faire plaisir à leurs actionnaires qu’à prendre des mesures concrètes pour baisser leurs empruntes carbones. Est-ce que des actes terroristes sont-ils la bonne réponse pour éveiller les consciences ?  

Et ce n’est pas divulgacher[1] que de dire que le temps nous est compté, que Virgil Solal et « Greenwar » ont raison (toutes proportions gardées) dans le fond, mais dans les actes,  là est toute la question. 

Avant de me transformer en Virgil Solal (vous ne savez toujours pas qui c’est, mais lisez donc Impact vous dis-je !) je fais un petit pas, tous les jours en attendant que les gros pollueurs fassent leur pas de géant pour sauver la planète.

Et pas plus tard que ce matin, en allant prendre mon bol d’air quotidien, masque sur le nez,  attestation dans la poche et à moins d’un kilomètre de mon domicile, j’ai croisé le camion d’un livreur qui bloquait une petite rue, le moteur tournant. Il revenait tranquillement d’une livraison. Je lui indique que je le laisse partir, je passerai après. Il me dit : “J’ai encore des livraisons ”. Et moi de lui répondre : “ Ah  bon ! Et vous laissez tourner votre moteur !!!!!! ” (Là, je me refais toutes les respirations de méditation pour ne pas m’énerver et je m’exprime le plus calmement possible : “Vous savez que la pollution tue beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que le Covid ? Vous devriez lire Impact d’Olivier Norek” — argument apparemment imparable, car il a tout de suite coupé son moteur —.

Je l’ai infiniment remercié et lui ai fait mon plus beau sourire avec les yeux (Eh oui ! masque oblige).


[1] Divulgacher =  Verbe. (Québec) Divulguer prématurément un élément-clé (d’une intrigue, d’un jeu, etc.) susceptible de gâcher une partie du plaisir. Spoiler en anglais.

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