Lux, tais-toi !

Avez-vous déjà eu l’air de Freddie Mercury « I want to ride my bicycle
I want to ride my bike… »
dans la tête jusqu’à ce que cela vous oblige à vous levez ?

Non ?

Eh bien, moi oui ! Ce matin. Flûte, c’est dimanche quand même ! Un des seuls jours de la semaine où je peux faire la grasse mat’ !

— Tu te crois drôle ? tu peux dormir toute la journée si tu veux, depuis ce satané confinement. C’est toi qui choisis de te lever aux aurores pour écrire tes conneries !

— Comment ça des conneries ? Tu n’aimes pas mes chroniques ?

— Ouais, bon. Allez c’est gentil, mais en attendant tu délaisses tes romans, dont la suite de #Love(ly) Story, où Moi, Lux Racine, attends patiemment dans un coin poussiéreux de ton cerveau que tu daignes t’occuper un peu de moi. J’en ai marre d’attendre. La patience n’est pas mon fort !

— Oui. Eh bien, ma chérie, il va falloir attendre encore un peu, car j’ai commencé deux autres projets, dont un pour un concours en septembre et celui-ci m’accapare beaucoup.

— pfff ! Être dépendante d’une auteure, quelle plaie !

— Et lorsque l’un de tes personnages te parle, c’est une partie de plaisir peut-être ?

— Ce n’est pas de ma faute si ton cerveau ne s’arrête jamais !

— Oui, c’est vrai ma chérie. C’est d’ailleurs pour cela que je vais allez méditer. C’est le seul moment où mon esprit n’est pas saturé par des personnages, des chansons, des futures histoires, des idées de promotion pour mes livres, des recettes de cuisine…

— Bon, ça va ! on a compris le topo ! Tu te fatigues toute seule en fait. Je comprends mieux pourquoi tu aimes ce silence dehors, tu n’as pas besoin de bruit supplémentaire !

— Exactement.  Alors Lux, tais-toi maintenant ! Il faut que j’aille ride my bicycle !

— Pfff, je passe même après un vélo. Quelle ingrate cette auteure !

 

note de l’auteure : pour celles et ceux qui se demandent où retrouver Lux Racine: dans  les romans Lovely Planète et #Love(ly) Story et la fin de la trilogie en écriture en alternance avec deux autres romans 😉 

Agitateurs

Mélangez avant de presser, n’utilisez que des agitateurs en plastique ou en bois, jamais en métal…

Le café du matin ne me rend pas chagrin, au contraire, il booste mon inspiration.

La preuve : je contemplais ma cafetière Bodum, dans un état d’hypnose avancé,

Je lisais  et relisais cette phrase :

Mélangez avant de presser, n’utilisez que des agitateurs en plastique ou en bois, jamais en métal…

DES AGITATEURS. Quel joli mot !

Comme si dans ma cafetière à piston, il y avait des manifestants qui agitaient le marc du café.

Probablement  en ont-ils marre de cette société qui les presse !

Car eux ne sont pas pistonnés !

Agitateurs, je trouve ce mot poétique.

Quelle idée d’utiliser un mot aussi subversif pour demander à ses clients de remuer le café !

Je sors de ma transe et je m’inquiète, passer autant de temps sur une phrase banale et en faire une chronique ?! 

Ça va pas bien chez moi ?

Je suis à deux tasses de café d’appeler mon psy !

Mais non, depuis quelques années, ma thérapie c’est l’écriture…

Agitateurs

la nuit est une île

La nuit est une île et je nage pour rejoindre son rivage, 

Chavirée de la journée remplie de cris, de douleurs et d’incertitudes.

La nuit me prend comme je suis, dans mon costume natal, 

avec mes peurs et mes questions, ne m’en pose pas,  

elle m’accepte comme je suis et ne me juge pas.

Toi, couleur de nuit, tu m’accueilles sans un mot dans tes bras chauds et sensuels. 

Ton regard suffit, je comprends que tu me protèges d’un sourire.

Tu es mon soleil dans cette nuit, 

la chaleur qui t’accompagne ne me brûle pas, 

elle me réconforte. 

La nuit est à nous.

Joyeuse quarantaine !

Waouh, qui aurait cru possible de confiner, pendant 40 jours,

le peuple le plus râleur de la planète ?

Et pourtant, nous fêtons aujourd’hui notre quarantième anniversaire !

Je nous félicite — à quelques exceptions près — quel talent !

Bravo à celles et ceux qui ont réussi à ne pas trop casser les oreilles de leurs voisins.

À cuisiner autre chose que du pain et des gâteaux.

À prendre soin d’eux.

À s’enquérir de la santé de leurs proches.

À découvrir un autre sport que le jogging.

À n’avoir ni mangé leurs plantes ni trop arrosé leurs animaux de compagnie.

À avoir compris que se nourrir de pangolin en hiver et de fruits qui sont cueillis à plus de 5000 km est une aberration !

À ne plus regarder de haut, celles qui courbent l’échine sur des caisses enregistreuses.

À se rendre compte que l’on n’a ABSOLUMENT pas besoin du dernier Smatphone XQZ qui nous rend de plus en plus stupides !

Il ne reste plus qu’à accepter les hauts et les bas.

Ne plus fuir les coups de blues, mais les sublimer par la création.

Accepter les choses que l’on ne peut changer pour retrouver le calme.

Et utiliser tout ce temps qui nous est donné pour en sortir grandis, sereins.

Car aujourd’hui ne se vit ni hier et encore moins demain.

 Je lève mon verre d’eau ( surtout sans javel) et à votre bonne santé !

joyeuse quarantaine

 

 

 

Fuir le bourdon

Bzzz bzzzz

Je marche pour dérouiller mon corps de confinée.

Un bourdon vole autour de moi,

bzzz bzzz.

Il assombrit mes pensées

alors, j’accélère le pas.

Heureusement, je ne croise personne dans les rues.

La pluie intense a fait fuir les derniers passants,

ceux qui joggaient ou se risquaient dehors

pour remplir leur caddie de victuailles.

Ils sont tous rentrés chez eux,

se mettre à l’abri de la menace des nuages chargés d’idées noires.

Le bourdon me suit toujours,

Bzzz bzzz.

Il se mélange à ma mélancolie,

mais je ne veux pas tomber dans le spleen

qui me pétrifie et me cloue au lit.

je préfère l’idéal de mes rêves multicolores et fantastiques,

alors je cours pour que le bourdon ne me rattrape pas

Bzzz bzzz.

Me voilà joggeuse, moi qui me moquais

de ceux qui ont trouvé une passion soudaine pour la course,

dès les premiers jours du confinement.

Mais peut-être se sont-ils tous mis au jogging

pour fuir le bourdon !

le chenit*

Pendant ce week-end de « vacance » pour mon cerveau où, mis à part quelques idées éparses que j’ai notées dans divers carnets, sur le dos d’un ticket de carte bleue ou encore un post-it, en trois mots tout ce que j’avais sous la main, je n’ai pas écrit.

Non, mais j’ai rangé.

Oui je l’avoue, je suis d’un naturel bordélique qui aime faire de l’ordre pour mieux déranger. Je fais souvent cela lorsque mes idées arrivent dans tous les sens et produisent un petit tsunami sous mon crâne alors que je commence trop de projets littéraires à la fois.

En conséquence, je range ma chambre et mon bureau. Je taille des crayons, je gribouille sur des feuilles volantes pour vérifier que mes stylos fonctionnent et si ce n’est pas le cas, je change l’encre. Je classe mes brouillons dans des pochettes en carton où j’ai préalablement collé des étiquettes avec le nom d’un futur roman. J’inventorie mes nombreux carnets, j’en fais des piles arc-en-ciel, car je ne mets pas toutes mes idées dans le même panier !

Je fais également de l’ordre dans mon armoire, cela m’aide à avoir les idées claires. Et je le fais dès que j’ai l’esprit trop encombré par mes rêves et mon imagination débordante, afin de repartir sur de bonnes bases.

Je ne suis quand même pas aussi extrémiste que Marie Kondo qui aménage les appartements pour que Patrick Bateman puisse y vivre à son aise et qui se retrouve à la fin de ses épisodes Netflix, sans un vieux tee-shirt ou une culotte à transformer en masque. Ce qui est bien utile en cette période de « nation confite » ou confination, c’est comme vous voulez !

Ce matin, vers 5 h (décidément, ma muse aime bien raccourcir mes nuits !) je me suis dit, le fait que vous me lisiez qui et où que vous soyez, me plaît bien.

Oui, je suis de retour, mais peut-être pas tous les jours.

Alors, portez-vous bien et à très vite, car j’aime nos petits moments de partage littéraires.

 

chenit*  en Suisse signifie le désordre

 

Vacance

Vacance n.f. 1. situation d’une place, d’un poste momentanément dépourvu d’un titulaire.

Mon cerveau  est en  vacance (sans s donc) pour quelques jours.
Ce ne sont pas les idées qui manquent, bien au contraire, mais entre mes rêves très riches et parfois perturbants, mes chroniques quotidiennes et les trois romans en préparation, mon cerveau jongle avec trop d’informations. Il a besoin d’un temps de repos. Je vous retrouve ici même, prochainement, pour de nouvelles aventures scripturales.

Prenez soin de vous et à bientôt 🙂

Mirelle HDB

 

dav

Entre-deux

Je pénètre dans cet entre-deux

Où l’aube, telle une petite mort

Ferme le chapitre de la nuit 

Et ouvre le chapitre du jour 

Entre la volupté et l’extase.

L’aube crue entre deux mondes

L’un passé l’autre en devenir,

Un moment vite oublié

En suspension,

Mais où tous les rêves sont possibles.

L’audace me prend d’aller de l’avant,

Hasarder dans le jour débutant,

Où me guidera mon imagination,

À la recherche des mots qui combleront les manques.

 

Nico, Manu et le jus de terre.

Le visage balourd des deux gendarmes me dit vaguement quelque chose. J’ai mal un peu partout, comme si j’avais fait un trop long voyage. Tout est confus, j’ai encore de la terre partout sur moi.

— Voulez-vous un café ? me demande l’homme qui porte des bottes en cuir aux bouts pointus.

Heureusement, j’ai toujours été excellente en langues étrangères, c’est pour cela que je capte tout de suite ce qu’il me dit. 

— Non, je préférerais un verre de jus de terre, s’il vous plaît.

— Nico, apporte l’alcootest, on a une cliente ! dit le cowboy à son acolyte.

— Et un « s’il te plaît » ça t’arracherait la gueule ? hurle le plus petit des deux qui n’arrête pas de balancer son épaule droite en avant.

 — Excusez-le, il n’y a pas si longtemps, il dirigeait une grande entreprise. Il a été mis à la porte et passe ses nerfs sur moi, le seul de ses collaborateurs qui l’ait suivi dans ce trou paumé.

— Bon, il vient mon jus de terre, j’ai soif moi ! lui dis-je en balançant mon épaule. Je commence déjà à faire du mimétisme.

— Oh ! Madame, vous n’allez pas non plus vous y mettre, me répond-il.

— Vous pouvez me dire exactement où je me trouve.

— Bugarach, crie celui qui se nomme Nico depuis une autre pièce.

— Mais encore ? 

— Ben, dans l’Aude quoi ! Vous ne connaissez pas votre géographie ? vocifère Nico dont le ton est de plus en plus agressif.

— Je viens de loin, vous savez, fais-je innocemment.

— C’est quoi encore que ce bazar, me demande Nico ? Manu va me chercher ce truc de couleur là, près de la dame.

— Faites attention ! C’est fragile, ma parole ! Ces deux-là n’ont pas l’air d’avoir inventé les trous noirs !

— Comment ça marche ? s’époumone Manu qui a le sourire d’un animal à quatre pattes dont le nom m’échappe.

— Ça ne marche pas, ça se pulse.

— Bon, contrôle son taux l’alcoolémie, elle commence à me courir sur le haricot la cagole ! aboie Nico.

— Soufflez Madame !

— C’est ce que je fais ! répliqué-je alors que leur gadget fond sous leurs yeux ébahis.

— Pétard ! mais vous carburez à quoi ? questionne Manu, stupéfait.

— Au jus de terre ! Et si vous vous décidiez enfin à m’en apporter un. 

— Bon Manu, coffre-moi ce spécimen et appelle JF, on a un allogène.

— Mais Nico, c’est quoi encore ce nom savant que tu nous sors ?

— Un gringo si tu préfères, cultive-toi un peu. Tu me fatigues à la longue avec ton ignorance crasse !

— T’es gonflé quand même, se plaint Manu, ça fait pas si longtemps que tu sais lire et…

— Bon vous deux là, passez-moi mon pulsomètre. Oui, ce que vous m’avez confisqué. J’ai le droit à un coup de fil non ? Vous ne captez pas les séries policières ?

Nico et Manu se regardent sans vraiment comprendre.

— On ne peut pas vous rendre ce truc, qui nous dit que ce n’est pas une arme ?

— Moi je vous le dis. Passez-moi les menottes si vous préférez. Vous n’avez qu’à déposer mon pulsomètre sur la table devant moi.

— Manu, passe-lui les menottes et serre bien, je ne veux pas d’embrouille, ordonne Nico en balançant de plus en plus son épaule.

— Pourquoi c’est toujours moi qui me colle aux trucs dangereux ? se plaint Manu.

— Parce que c’est moi qui commande, réponds Nico en ce levant sur les pointes de pieds pour paraître plus grand.

En marmonnant quelque chose dans sa barbe de cinq jours, Manu s’approche de moi, je lui tends les mains et il me menotte. Le contact froid de l’acier me donne des frissons et je me sens humaine pour la première fois.

— Voilà votre truc là et pas d’entourloupe, OK ?

— Non, non. je réponds avec mon plus beau sourire. Un sourire que j’ai piqué à Marilyn Monroe dans son film inachevé où elle se baigne nue dans de l’eau bleue. J’active le pulsomètre et je demande tout de suite des explications. « 111 100 001 010 101 011 111 111 111 100 000 101 010 101 001 000 010 100 101 011 111″.

— On n’avait dit pas d’entourloupe, hurle le petit Nico, de plus en plus excédé.

— Je communique simplement avec les miens.

— C’est qui les vôtres, d’où vous-venez  ? Manu tremble comme une feuille d’aluminium.

—11 110 101 101 010 111 111 111 111 111 111 111 111 110 000 111 000 111 100 000. Ah ! Je commence à comprendre, qu’ ils sont drôles !

— Mais à qui vous parlez là, si on peut appeler ça parler ?

— Mes collègues Erisiens m’ont fait une blague pour mon 134340e transnéptusien. Ils m’ont cosmopropulsée sur la planète où les habitants sont les plus sous-développés. Et je dois dire que j’ai devant moi deux spécimens très intéressants.

Je profite de leur stupéfaction pour les envelopper de mon aura. Voilà un beau cadeau que je vais pouvoir rapporter à la maison. On va bien s’amuser !