Il était une fois, dans un royaume privilégié, aux paysages aussi variés que ses recettes culinaires, un petit homme à l’ego aussi immodéré que l’était son orgueil.

Il avait des idées révolutionnaires, disait-il à qui voulait l’entendre. L’une consistait à traverser le chemin pour trouver du labeur. Il est vrai que personne n’y avait pensé avant ! 

Il fut choisi et nommé par l’Aristocratie du Rafletou, qui voyait en lui le plus fidèle de ses serviteurs. Il était jeune et vaillant et souhaitait par-dessus tout prouver son allégeance à l’Ordre du Grand Magot. Afin de monter sur le trône, on l’anoblit et on lui donna un titre.

Il devint « Le Roi En Mouvement ».

Le nouveau Roi choisit ses laquais parmi ses plus fidèles larbins. 

Et très vite, les petits marquis, forts de leur inexpérience du terrain, allèrent prêcher la parole de la Nouvelle Nation En Mouvement, dans les villages et jusque dans les cuisines des manants.

Et comme les moulins à vent, ils proférèrent qu’avec des riens on pouvait faire des soupes !

Vous connaissez peut-être ces tomates que l’on fait pousser hors-sol, à n’importe quel moment de l’année et sur toutes les latitudes. Elles n’ont absolument aucun goût et aucun intérêt qualitatif. Elles rapportent juste un pognon de dingue aux seigneurs confondant allègrement servitude et appointements.

Ces propriétaires faisaient tous partie de la même caste, qui ne voyait pas la misère fussent-ils, un jour, sortis des ors de leur palais. 

Ces exploiteurs étaient à l’image de cette Nouvelle Nation et de ses sbires. Aucun n’avaient le moindre respect pour ses sujets et encore moins pour la nature qui tentait de les sustenter. 

La terre, qui après avoir trop subi de violences domestiques, décida un beau jour, de se révolter contre ses occupants qui ne la respectaient plus.

Elle souffla, elle pleura, elle trembla et elle brûla. 

Le peuple fut tellement effrayé, qu’il se révolta contre l’Élite et ses émissaires. 

Une fois le pouvoir terrassé et dans une concertation juste et égalitaire, les habitants décidèrent que dorénavant, pour avoir le privilège de les gouverner, 

les futurs petits marquis et autres rois, devraient passer six longs mois à vivre comme des roturiers, dans une modeste demeure, sans passe-droit ni serviteurs, avec pour toute rémunération, qu’une bourse à moitié vide.

La légende raconte que désormais, la nature resplendit à nouveau, et que dans le cœur des villages, règnent l’harmonie et le partage.

 

  

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