La page blanche et le vide

« La page blanche est comme un rendez-vous »
Sylvain Tesson

Cela tombe bien, car depuis le confinement, mon agenda est désespérément vide.
Je ne sais jamais quel jour nous sommes ni ne connais la date exacte.
Je perds mes repères.
Alors, je me suis donné rendez-vous, tous les matins, avec une page blanche,
jusqu’à la libération (Macron a dit que nous étions en guerre, le terme « libération » s’impose donc ici !)
Dès que je commence un texte, juste après le titre de ma chronique, j’y inscris la date.
Une façon pour moi de m’ancrer dans le présent.
Dans le moment présent pour être exacte.
Du temps et des moments présents j’en ai à revendre.
Lorsque je pense aux autres, celles et ceux qui sont confinés chez eux, jonglant entre mouflets, télétravail et casseroles, gérant le chaos minute après minute,
cela ne doit pas être une sinécure !
Certains couples vont probablement se séparer, ne supportant pas de voir au jour le jour et à la loupe, leurs défauts, leurs faiblesses, tous ces laissez-allers du quotidien.
D’autres se redécouvriront, et partiront peut-être dans une seconde lune de miel.
Ceux qui sont seuls vont devoir se regarder en face, s’affronter et se reconnecter avec leur Moi profond, s’accepter en laissant tomber leur Ego,
afin de ne pas aggraver leur mal-être.
Étant sans enfant (par choix) et célibataire,
je n’ai que du temps et des pages blanches à noircir.
Ce vide, je le prends comme une opportunité.
Je le remplis en rédigeant ma page d’écriture.
Parfois, je le contemple, ce vide.
Cet abîme à l’intérieur de moi.
Un précipice abyssal qui m’angoisse et qui fait peur à toutes celles et tous ceux qui le fuient dans leur travail, leurs activités sportives, artistiques ou manuelles.
Sept années de psychanalyse et une fortune dépensée pour apprendre que ce vide ne doit pas être comblé, on doit juste vivre avec !
Parfois, il n’y a rien. Une page blanche, du silence.
Nous sommes habités de l’infiniment petit
et nous faisons partie de l’infiniment grand, le cosmos.
Pourtant, nous n’en connaissons pas la fin, puis qu’il est infini.
Nous revenons toujours à nous et à notre vide intersidéral.
Alors, je ferme les yeux.
Je prends quelques grandes respirations apaisantes.
Quand j’arrive à être en paix avec moi-même et avec ce vide,
c’est le bonheur de l’instant.
La joie d’être ici et maintenant, et de profiter de chaque seconde,
comme s’il n’y avait ni la douleur du passé ni la peur du futur.
Carpe Diem !

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